Benyoucef Benkhedda 1920-2003
Benyoucef Benkhedda est né à Berrouaghia (wilaya de Médéa) le 23 février 1920. Fils d’un Cadi, il fréquente l’école coranique et l’école française. il rejoint le lycée Ibn Rochd (ex collège colonial) à Blida où il fait la connaissance de plusieurs pionniers du nationalisme algérien dont Mohamed Lamine-Debaghine, Saad Dahlab, Ramdane Abane, Ali Boumendjel et M’hamed Yazid.
«Vous êtes des couteaux qu’on aiguise contre la France!» leurs répétait inlassablement le Proviseur du lycée.
Après l’obtention de son baccalauréat il entre à la faculté de médecine et de pharmacie d’Alger en 1943 et après interruption des études, obtient le diplôme de pharmacien en 1951.
Il adhère au PPA en 1942. Une année après, il est arrête et torturé dans les locaux de la DST pour campagne contre la conscription des algériens pour combattre l’Allemagne dans le cadre de l’affaire dite des insoumis de Blida. Il sera libéré 8 mois après.
Il est membre du Comité Central du PPA-MTLD en 1947 et en devient le Secrétaire Général de 1951-1954.
Arrêté en Novembre 1954, il est libéré en Mai 1955, et rejoint le FLN quelques semaines après. Il devient le conseiller assistant de Abane à Alger.
En Août 1956, il est désigné par le Congrès de la Soummam membre du CNRA et du CCE avec Abane, Ben M’hidi, Dahlab et Krim. Avec Abane et Ben M’hidi il constituera le triumvirat politico-militaire qui dirigera l’organisation de la Zone Autonome. Alger était alors Capitale de la Résistance.
Il coordonne directement le lancement et la réalisation de plusieurs projets dont le journal «El Moudjahid», la création de l’UGTA, l’hymne national «Kassaman».
Il échappe miraculeusement aux mains des paras de Massu et quitte la capitale après l’assassinat de Ben M’Hidi par les sbires de Bigeard.
Il se rend à l’étranger au nom du FLN et accomplit plusieurs missions. Visite des Capitales arabes 1957-1958, Yougoslavie, Londres (1958), Amérique latine (1960) Chine à 2 reprises. En Août 1961 il est désigné président du GPRA. Il achève les négociations avec la France commencées par le Gouvernement Ferhat Abbas et proclame le cessez le feu la veille du 19 mars où la France reconnaît officiellement l’intégrité de l’Algérie Sahara compris et la souveraineté nationale.
Il est accueilli par la population algéroise en en liesse le 3 juillet 1962, jour de la reconnaissance officielle de l’indépendance de l’Algérie par la France. Il vit comme un drame personnel la crise de l’été 1962 entre le GPRA et l’Etat Major de l’ALN et se retire volontairement au profit de se dernier pour éviter «un bain de sang fratricide»
En 1976 il signe avec 3 anciens dirigeants de la lutte de libération (Ferhat ABBAS, Hocine LAHOUEL, Kheir-Eddine) un manifeste qui réclame une Assemblée Nationale Constituante élue au suffrage universel, pour définir une charte nationale. Les 4 signataires sont alors placés en résidence surveillée et leurs biens confisqués.
Sous le gouvernement Chadli qui a proclamé le multipartisme , il fonde avec Abderahmane Kiouane et des anciens amis du mouvement national «El Oumma» qui se fixe comme objectif la Proclamation du 1er Novembre: c'est-à-dire:
«L’Etat Algérien indépendant souverain et démocratique dans le cadre des principes Islamiques»
Le but d’ «El Oumma» est d’œuvrer pour un rassemblement entre les islamistes et les nationalistes partisans d’un projet de société islamique.
Le président Zeroual qui succède au Président Chadli promulgue une loi interdisant l’usage de la constante «ISLAM» par les partis sous peine de dissolution. «El Oumma» s’auto dissous.
En même temps il fonde avec Cheikh Ahmed Sahnoune «le Tadhamoune» dans le but est de dénoncer l’état d’exception et les violations graves de droits de l’homme qui ont suivi le coup d’état de Janvier 1992.
Après une longue maladie il décède à son domicile à Alger le 05 Dhou El Hidja (04 février 2003). Pleuré et aimé de tous, une foule nombreuse l’accompagne au cimetière de Sidi Yahia où il est enterré au côté de son compagnon de toujours Saad Dahlab.



